La pollution liée au numérique

Si le numérique est à l’origine de grands progrès, son développement rapide devient préoccupant sur le plan environnemental. Aujourd’hui, les technologies de l’information et de la communication représentent déjà près de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Cet impact se déploie à chaque étape du cycle de vie des équipements : extraction des matières premières, fabrication, transport, utilisation puis gestion de la fin de vie. Nos usages y contribuent également : le stockage massif de données sur nos appareils les encombre, les ralentit et réduit leur durée de vie. Résultat : nous les remplaçons plus souvent, ce qui entraîne la production continue de nouveaux équipements et aggrave encore l’empreinte environnementale du numérique.

Qu’est-ce que la pollution numérique des données ?

Dans un contexte de pollution généralisée, une pollution n’est pas encore traitée : la pollution numérique des données.

Nous sommes 6 milliards d’utilisateurs du numérique dans le monde avec des usages toujours plus démultipliés et soutenus. Chaque minute, nous faisons 4 millions de recherches sur internet, envoyons 45 millions de messages, nous regardons 700 000 heures de streaming Netflix, nous stockons des fichiers, archivons des photos sur nos appareils ou nos clouds.

Tous ces usages contribuent à la création de données, à la consommation d’énergie. En effet, ordinateurs, réseaux, box, centres de données, routeurs… tous ces équipements sont sollicités et requièrent d’importantes ressources.

En 2023, les données non structurées représentaient 90 % de la totalité des données produites par les entreprises, soit plusieurs dizaines de milliers d’exaoctets. Parmi elles, plus de 20 % sont des duplicatas inutiles, car les organisations ignorent souvent quelles données elles possèdent et où elles se trouvent.

Face à cette explosion, plusieurs questions clés se posent :

  • Combien de données sont réellement utiles ?
  • Combien sont doublonnées ou obsolètes ?
  • Quelles données pourraient être supprimées pour réduire l’empreinte numérique et énergétique ?

Réduire cette pollution passe par des pratiques responsables de stockage, de tri et de suppression des données, mais aussi par une conception plus sobre des services numériques.

Quid des déchets d’équipements électriques et électroniques ?

Selon le Global E‑waste Monitor 2024 des Nations unies, 62 millions de tonnes de déchets électroniques ont été produites dans le monde en 2022, un volume record qui augmente de manière beaucoup plus rapide que le recyclage.

Moins d’un quart de ces déchets (environ 22 %) ont fait l’objet d’une collecte et d’un recyclage formels documentés. Le reste est souvent jeté, échangé ou recyclé dans des conditions informelles, ce qui accroît considérablement les risques pour l’environnement et la santé humaine. ITU

Une partie importante de ces déchets finit dans des pays en développement, souvent en Afrique ou en Asie, où les systèmes de gestion des déchets sont insuffisants ou inexistants. Là, ils sont traités dans des décharges à ciel ouvert ou des ateliers informels, exposant des communautés entières — y compris des enfants — à des substances toxiques et créant une pollution des sols, de l’eau et de l’air. World Economic Forum

Face à ces constats, plusieurs questions pratiques se posent :

  • Comment prendre soin de ses équipements pour prolonger leur durée de vie ?
  • Comment leur offrir une seconde vie, par la réparation ou la réutilisation ?
  • Comment recycler correctement ces appareils en fin de vie pour réduire leur impact environnemental ?

Le Digital Cleanup Day se concentre sur les deux actions majeures que : d’une part le nettoyage des données et d’autre part la seconde vie des équipements. Prendre soin de nos équipements numériques permet de limiter le taux de renouvellement, et de réduire ainsi la quantité de déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE). Par ailleurs, prendre conscience du nombre de fichiers stockés sur nos ordinateurs, nos smartphones ou nos serveurs, permet de comprendre l’importance d’apprendre à trier et organiser nos données.

Par les guides que nous mettons à disposition des participants dans l’Espace Digital Cleanup Day, nous apportons les clés pour comprendre ces enjeux et se mettre en action.